découvrez comment calculer la prime liée à l'ancienneté en pharmacie directement sur votre bulletin de salaire, avec des conseils pratiques et des exemples détaillés.

Ancienneté en pharmacie : comment calculer sa prime sur le bulletin de salaire ?

Dans une officine, la prime d’ancienneté n’est ni une gratification discrétionnaire ni une ligne secondaire du bulletin de salaire. Elle constitue un élément de rémunération prévu par la convention collective nationale de la pharmacie d’officine, identifiée sous l’IDCC 1996. Dès que l’employé franchit certains seuils de présence dans l’entreprise, le titulaire doit appliquer le taux correspondant et faire apparaître cette somme de manière lisible sur la paie. Une date d’embauche mal enregistrée, un coefficient non actualisé après une promotion ou une assiette de calcul erronée peuvent pourtant générer des écarts durables.

Le mécanisme paraît simple : un pourcentage est appliqué au salaire minimum conventionnel lié au coefficient du salarié. Dans les faits, le calcul demande de croiser l’ancienneté reconnue, le temps de travail, la classification et la valeur conventionnelle applicable. Pour une préparatrice, un pharmacien adjoint ou un salarié administratif, la règle reste la même dans son principe, mais les montants et les points de vigilance changent selon le parcours professionnel. Une lecture rigoureuse du contrat de travail et du bulletin permet de vérifier que cet avantage conventionnel est correctement versé.

L’essentiel sur la prime d’ancienneté en pharmacie

  • La prime d’ancienneté est obligatoire pour les salariés relevant de la convention collective de la pharmacie d’officine.
  • Elle débute à 3 % après 3 ans, puis atteint 6 %, 9 %, 12 % et 15 % aux paliers prévus.
  • Le calcul repose sur le salaire minimum conventionnel du coefficient, et non sur le salaire réellement négocié.
  • Elle doit figurer distinctement sur le bulletin de salaire et entre dans les cotisations sociales.
  • Une promotion, un passage à temps partiel ou une absence longue peut modifier la base, la date d’acquisition ou le montant à verser.
  • Un contrôle périodique de la paie limite les rappels de salaire, les régularisations et les litiges.

Prime d’ancienneté en pharmacie : un droit conventionnel attaché au salarié

La prime d’ancienneté en pharmacie d’officine récompense la fidélité du salarié à une même entreprise. Elle s’ajoute au salaire de base et ne doit pas être confondue avec une augmentation individuelle, une prime exceptionnelle ou une indemnité liée à une contrainte particulière. Son origine est conventionnelle : elle découle de la convention collective nationale de la pharmacie d’officine. Le titulaire ne peut donc pas choisir de l’accorder ou de la supprimer selon la situation économique de l’officine.

Cette règle concerne l’ensemble des personnes couvertes par la convention : préparateur en pharmacie, pharmacien adjoint, rayonniste, employé de parapharmacie, personnel administratif ou agent chargé de certaines tâches logistiques. Le statut ne fait pas disparaître le droit. Un contrat de travail à durée déterminée peut également ouvrir droit à cette majoration lorsque l’ancienneté exigée est atteinte, notamment si des contrats successifs sont repris dans les conditions prévues par le droit du travail.

La distinction avec le salaire de base mérite une attention particulière. Dans certaines branches professionnelles, l’ancienneté est intégrée dans une grille salariale globale. En officine, elle prend la forme d’une ligne autonome de rémunération. Cette présentation permet à l’employé de vérifier son taux, à l’employeur d’identifier sa base de calcul et au gestionnaire de paie de sécuriser les déclarations sociales.

Une ancienneté calculée à partir de la relation de travail

Le point de départ est normalement la date d’entrée dans l’entreprise. La période d’essai est comprise dans cette durée, car le contrat existe dès le premier jour travaillé. Lorsqu’une salariée a été recrutée le 8 avril 2023, son premier seuil de trois ans est atteint en avril 2026, sous réserve des règles applicables aux éventuelles périodes de suspension du contrat.

Le dossier de Nora, préparatrice dans une officine de quartier, illustre une situation fréquente. Elle a commencé en CDD avant d’être embauchée en CDI dans la même pharmacie. Ses CDD n’ont pas disparu au moment de sa titularisation : l’ancienneté acquise doit être reprise selon les règles légales applicables. Si le logiciel de paie ne retient que la date du CDI, le franchissement du premier palier peut être retardé à tort, avec un risque de rappel.

Une reprise d’ancienneté peut aussi être prévue explicitement lors d’un recrutement. Elle se rencontre lors d’une reprise d’officine, d’un transfert de contrat ou lorsque l’employeur accorde une reconnaissance contractuelle plus favorable. Dans ce cas, la date mentionnée dans le contrat de travail devient une donnée centrale. Elle doit être enregistrée à la fois dans le dossier du salarié et dans le paramétrage de la paie.

Les paliers de prime à appliquer sur le bulletin de salaire

Le barème repose sur cinq étapes progressives. À chaque date anniversaire correspondant à un seuil, le taux augmente. La progression n’est donc pas annuelle : un salarié ayant quatre ou cinq ans de présence conserve le taux de 3 %, jusqu’à l’atteinte du palier de six ans. Au-delà de quinze ans, le taux conventionnel est plafonné à 15 %, sauf disposition plus favorable décidée par l’entreprise.

Ancienneté reconnue dans l’officine Taux de la prime Effet sur la paie
3 ans 3 % Premier versement à compter du mois anniversaire applicable
6 ans 6 % Remplacement automatique du taux de 3 %
9 ans 9 % Nouvelle hausse de la ligne de prime
12 ans 12 % Revalorisation conventionnelle liée à la fidélité
15 ans et plus 15 % Taux maximal prévu par le barème

Le passage doit être automatisé ou suivi dans un échéancier fiable. Attendre une réclamation de l’employé expose l’officine à une régularisation. La date à surveiller est celle du mois anniversaire d’entrée dans l’entreprise : le nouveau taux s’applique dès le premier jour de ce mois selon les règles conventionnelles communément retenues dans la branche.

Cette prime ne se substitue pas aux autres avantages. Elle peut s’ajouter à une rémunération supérieure au minimum conventionnel, à une majoration d’heures supplémentaires, à une prime contractuelle ou à des indemnités prévues par la loi. Sa fonction est précise : reconnaître une durée de présence. La fidélité est donc rémunérée séparément de la qualification et de la performance.

Le bon réflexe consiste à considérer l’ancienneté comme une donnée de paie vivante. Elle évolue avec le temps, mais aussi avec les événements qui modifient la relation de travail. La section suivante précise la méthode de calcul et évite l’erreur la plus coûteuse : utiliser le mauvais salaire de référence.

Et aussi  Coefficient d’un pharmacien adjoint : comment vérifier son classement ?

Calcul de la prime d’ancienneté en pharmacie : quelle assiette retenir ?

La formule de calcul de la prime d’ancienneté en pharmacie est courte, mais son assiette est souvent mal comprise. Le montant ne se calcule pas à partir du salaire réel versé au salarié, même lorsque celui-ci dépasse largement les minima de branche. La référence est le salaire minimum conventionnel correspondant au coefficient hiérarchique. Cette valeur résulte de la grille applicable dans l’officine et des revalorisations négociées au niveau de la branche.

La formule peut être présentée simplement : prime d’ancienneté = salaire minimum conventionnel du coefficient × taux d’ancienneté. Pour un salarié à temps complet, l’assiette correspond au minimum mensuel attaché à sa classification. Pour un temps partiel, elle est ajustée en fonction de la durée contractuelle, sauf situation particulière imposant un examen plus détaillé.

Pourquoi le salaire réel ne constitue pas la base normale

Un préparateur peut percevoir 2 250 euros brut grâce à une négociation salariale, alors que le minimum conventionnel de son coefficient est inférieur. La prime n’est pas calculée sur les 2 250 euros, mais sur le minimum associé au coefficient. Cette méthode empêche que deux salariés classés au même niveau, mais rémunérés différemment pour des raisons individuelles, obtiennent mécaniquement une prime d’ancienneté calculée selon des bases divergentes.

Cette règle n’interdit pas une situation plus favorable. Un contrat de travail, un accord collectif d’entreprise ou un usage constant peut prévoir une prime calculée sur une assiette supérieure. Si un engagement écrit mentionne un pourcentage appliqué au salaire réel, le titulaire ne peut pas revenir unilatéralement à la seule base conventionnelle. La vérification des clauses contractuelles est donc aussi utile que la consultation de la grille.

La connaissance du coefficient est déterminante. Pour les pharmaciens adjoints, la classification dépend notamment du diplôme, de l’expérience et des responsabilités exercées. Une ressource sur le coefficient du pharmacien adjoint aide à situer les repères de carrière qui influencent directement cette assiette. Une erreur de coefficient ne modifie pas seulement le salaire minimum : elle fausse aussi la prime, parfois pendant plusieurs années.

Exemple chiffré pour un temps complet

Considérons Samir, préparateur classé au coefficient 250, avec neuf ans d’ancienneté. Son salaire minimum conventionnel de référence est fixé, pour l’exemple, à 2 100 euros brut mensuels. Avec neuf ans de présence, il atteint le taux de 9 %. Le calcul est le suivant : 2 100 × 9 % = 189 euros brut par mois.

Si Samir perçoit un salaire contractuel de 2 300 euros brut, sa prime demeure, dans cet exemple, de 189 euros et non de 207 euros. Son bulletin de salaire fait apparaître le salaire de base prévu, puis la ligne « prime d’ancienneté » pour 189 euros. Cette séparation rend le contrôle plus rapide, notamment lors d’un changement de valeur du point ou d’une évolution professionnelle.

Sur douze mois, hors variation liée à une absence ou à une modification contractuelle, la somme représente 2 268 euros brut. Le montant montre pourquoi une ligne oubliée n’est jamais anodine. Pour l’employé, elle peut peser sur la rémunération globale. Pour l’officine, une erreur répétée sur plusieurs salariés anciens devient un passif social significatif.

Temps partiel, coefficient et proratisation

Le temps partiel ne réduit pas le taux, mais réduit l’assiette proportionnellement au temps de travail. Prenons Élise, employée 24 heures par semaine, coefficient 150, avec sept ans d’ancienneté. Si le minimum conventionnel temps plein retenu dans l’exemple est de 1 830 euros, sa base proratisée est de 1 830 × 24/35, soit 1 254,86 euros.

Avec un taux de 6 %, le montant atteint 75,29 euros brut par mois, après arrondi selon les règles de paie. L’erreur habituelle consiste à appliquer les 6 % sur le minimum à temps plein, ou à réduire le taux de 6 %. Les deux méthodes sont incorrectes : le taux reste celui du palier, l’assiette est ajustée à la durée contractuelle.

Les valeurs chiffrées des exemples doivent toujours être remplacées par la grille réellement en vigueur au moment de l’établissement du bulletin. Une grille des salaires en pharmacie actualisée constitue un support pratique pour rapprocher coefficient, minimum conventionnel et évolution de carrière. Une fois la base validée, reste à maîtriser les changements de situation qui peuvent modifier le calcul en cours de contrat.

Bulletin de salaire en pharmacie : affichage, cotisations et effets sur les droits

La prime d’ancienneté doit apparaître clairement sur le bulletin de salaire. Une ligne intitulée « Prime d’ancienneté » ou une formulation équivalente, sans ambiguïté, permet au salarié de vérifier que son droit est respecté. La dissimuler dans le salaire de base rend la lecture difficile et complique les contrôles ultérieurs, même si le total brut semble juste.

Un bulletin lisible permet aussi de comprendre l’articulation entre le brut, les cotisations et le net versé. La prime est un élément de salaire : elle est soumise aux cotisations sociales, à la CSG, à la CRDS et au prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu dans les conditions habituelles. Son montant brut ne correspond donc pas au supplément net effectivement perçu sur le compte bancaire.

Une ligne distincte qui sécurise les relations de travail

Pour une officine, l’affichage distinct sert de preuve. Lorsqu’un employé demande comment son ancienneté a été prise en compte, le gestionnaire peut rapprocher la date d’entrée, le coefficient, le minimum conventionnel et le pourcentage. Cette transparence réduit les incompréhensions. Elle est particulièrement utile lorsque le salarié a connu plusieurs fonctions dans la même structure.

Le bulletin peut utilement faire apparaître le libellé de la prime et son montant. Le taux et la base ne sont pas systématiquement détaillés de la même manière selon les logiciels, mais les conserver dans le dossier de paie facilite l’audit. Un tableau de suivi interne peut recenser la date d’entrée, la date du prochain palier, le coefficient en cours, le temps contractuel et le montant calculé.

Et aussi  Pharmacien adjoint ou titulaire : quelles différences de missions et de responsabilités ?

Le cas de Claire, pharmacienne adjointe promue à des responsabilités élargies, est parlant. Son salaire a été augmenté après sa promotion, mais son coefficient n’a pas été modifié dans le logiciel. La ligne de prime a continué à être calculée sur l’ancienne classification. Le bulletin semblait cohérent mois après mois ; pourtant, l’assiette conventionnelle était devenue insuffisante. La régularisation a dû porter sur les mois écoulés.

Incidence sur les congés, maintien de salaire et indemnités

Parce qu’elle constitue un élément de rémunération, la prime d’ancienneté peut entrer dans l’assiette de calcul d’autres droits. Elle est notamment prise en compte pour les indemnités de congés payés lorsque les règles de calcul le commandent. Elle peut également avoir une incidence sur le maintien de salaire, sur certaines garanties conventionnelles et sur les indemnités liées à la rupture du contrat.

Cette conséquence est souvent sous-estimée. Une prime oubliée ne se limite pas à un écart mensuel de quelques dizaines ou centaines d’euros. Elle peut entraîner des congés payés afférents, modifier le montant de certaines indemnités et nécessiter une correction des déclarations sociales. Pour le salarié, le préjudice peut donc dépasser le seul montant de la ligne manquante.

La prescription des actions en paiement du salaire est généralement de trois ans. Un employé qui découvre un défaut de calcul peut réclamer les sommes dues pour la période concernée, sous réserve des règles applicables à sa situation. Des intérêts de retard ou un contentieux prud’homal peuvent s’ajouter lorsque le désaccord persiste.

Vérifier le bulletin avec une méthode simple

Une vérification mensuelle ne nécessite pas de refaire toute la paie. Elle peut suivre une démarche structurée :

  1. Contrôler la date d’ancienneté retenue dans le dossier salarié.
  2. Identifier le coefficient réellement applicable au poste et à la qualification.
  3. Relever le salaire minimum conventionnel correspondant dans la grille à jour.
  4. Appliquer le pourcentage du palier atteint.
  5. Vérifier le prorata du temps partiel et les éventuelles absences non rémunérées.
  6. Comparer le résultat avec la ligne inscrite sur le bulletin de salaire.

Cette routine est particulièrement utile lors de la préparation des paies du mois anniversaire. Elle crée un lien concret entre les règles collectives et la gestion quotidienne de l’équipe. Un bulletin transparent protège autant le salarié que le titulaire. La question suivante concerne les événements qui font évoluer la prime : promotion, absence, reprise d’ancienneté ou modification du temps de travail.

Changement de coefficient et absences : les situations qui modifient la prime

La carrière en pharmacie n’est pas figée. Obtention d’un diplôme, changement de poste, élargissement des missions, passage au statut cadre ou modification de la durée du travail peuvent transformer les paramètres de paie. Dès qu’un coefficient évolue, la base de la prime d’ancienneté doit être recalculée. L’ancienneté acquise ne repart pas de zéro, mais elle s’applique à un nouveau salaire minimum conventionnel.

Cette règle est logique : le pourcentage récompense le temps passé dans l’entreprise, tandis que l’assiette reflète la classification actuelle. Un pharmacien adjoint qui progresse vers un coefficient supérieur conserve son taux de 9 % ou 12 % selon sa durée de présence, mais la valeur sur laquelle ce taux est appliqué augmente avec le nouveau minimum conventionnel.

Promotion interne : une revalorisation à ne pas oublier

Thomas entre dans une officine comme préparateur, puis obtient une évolution de fonction et de coefficient après plusieurs années. Son ancienneté atteint neuf ans au moment de la modification. La paie doit donc retenir le taux de 9 % et le minimum conventionnel lié à la nouvelle classification. Conserver l’ancienne base revient à sous-évaluer sa prime, même si son salaire réel a déjà été augmenté.

Les promotions doivent déclencher une vérification systématique de plusieurs éléments : avenant au contrat de travail, coefficient, salaire minimum, date d’effet, taux d’ancienneté et paramétrage de la DSN. Une démarche similaire est utile pour les titulaires qui structurent les trajectoires de leurs équipes. Un plan de carrière en pharmacie sur dix ans aide à anticiper les jalons professionnels et leurs effets sur la rémunération.

Le coefficient ne constitue pas un simple numéro administratif. Il organise les minima conventionnels, les perspectives salariales et les droits associés. Lorsqu’il est mal attribué, l’erreur se propage à plusieurs lignes du bulletin. Le suivi de carrière doit donc être relié au suivi de paie, sans attendre la fin d’année ou un départ du salarié.

Absences : distinguer versement de la prime et acquisition de l’ancienneté

Les absences demandent une analyse au cas par cas. Lorsque le salaire est maintenu, la prime suit généralement le même régime que la rémunération habituelle. Les congés payés, le congé maternité, le congé paternité, le congé d’adoption, l’accident du travail et la maladie professionnelle bénéficient de protections légales qui influencent le décompte de l’ancienneté.

À l’inverse, certaines périodes de suspension peuvent retarder l’acquisition d’un palier. Un congé sans solde ou un congé sabbatique gèle habituellement le contrat et l’ancienneté pendant sa durée, sauf disposition plus favorable. Pour un congé parental à temps complet, l’ancienneté est, en principe, retenue pour moitié. Ces règles changent la date à laquelle le salarié atteint trois, six ou neuf ans.

Le cas de Nora permet de mesurer l’effet concret. À deux ans et dix mois de présence, elle prend six mois de congé sans solde. Sans règle plus favorable, les deux mois manquants ne s’écoulent pas pendant cette suspension. Elle n’accède donc pas au taux de 3 % à la date calendaire initialement anticipée, mais après son retour et l’accomplissement du temps restant.

Temps partiel modifié et transferts d’entreprise

Le passage de 35 heures à 28 heures ne change pas le taux du palier. Il modifie l’assiette proratisée à compter de la date d’effet de l’avenant. Dans l’autre sens, une augmentation de la durée de travail accroît le montant de la prime, car la base devient plus proche du minimum temps plein. Le logiciel doit donc retenir les dates de changement avec précision.

Et aussi  Comment lire la grille des salaires de la pharmacie d’officine ?

En cas de cession d’officine ou de transfert de contrat, la continuité de l’ancienneté mérite une vigilance particulière. La reprise des contrats peut emporter maintien des droits acquis. Les projets de reprise doivent intégrer ce coût dans les prévisions de masse salariale, au même titre que les salaires et les autres avantages collectifs. Les professionnels qui préparent une installation peuvent s’appuyer sur des repères liés au rachat ou à la création d’une pharmacie pour structurer leur réflexion globale.

Chaque changement de parcours doit provoquer un contrôle de la base et de la date d’ancienneté, car une prime juste aujourd’hui peut devenir erronée dès le mois suivant si ces données ne sont pas mises à jour.

Erreurs de prime d’ancienneté en officine : prévenir les rappels de salaire

La plupart des erreurs de prime d’ancienneté en pharmacie ne résultent pas d’une volonté de contourner la convention collective. Elles proviennent d’un paramétrage ancien, d’une information transmise trop tardivement ou d’un contrôle insuffisant lors d’une évolution de poste. Pourtant, les conséquences financières peuvent être sensibles, surtout dans une officine où plusieurs salariés possèdent une longue ancienneté.

Le premier défaut consiste à oublier le changement de palier. Un employé atteint six, neuf, douze ou quinze ans et reste au taux précédent pendant plusieurs mois. Ce type d’anomalie arrive lorsque le logiciel ne comporte pas d’alerte ou lorsque la date d’entrée mentionnée dans le dossier est inexacte. Une simple alerte mensuelle sur les anniversaires de présence évite une grande partie de ces écarts.

Les erreurs les plus fréquentes dans le calcul

La seconde erreur est l’utilisation du salaire réel au lieu du salaire minimum conventionnel. Elle peut conduire à une surévaluation comme à une sous-évaluation, notamment lorsque le salarié bénéficie d’un salaire supérieur aux minima ou lorsque l’officine a mal identifié le coefficient applicable. La bonne pratique consiste à archiver la grille en vigueur et à conserver la trace du calcul retenu.

La troisième erreur concerne le coefficient. Lors d’une promotion, un avenant peut modifier la qualification sans que cette modification ne soit transmise au prestataire de paie. La prime est alors calculée sur une base dépassée. Une autre difficulté naît du temps partiel : certains paramétrages appliquent le bon taux, mais oublient de proratiser correctement l’assiette, tandis que d’autres réduisent à tort le pourcentage.

Les absences constituent une quatrième zone de risque. Traiter de la même manière un congé sans solde, un arrêt pour accident du travail et un congé parental peut décaler artificiellement la date d’accès au palier. Il faut distinguer la continuité de l’ancienneté, le maintien de la rémunération et les règles propres à chaque absence.

Les conséquences d’un mauvais bulletin de salaire

Lorsqu’un défaut est identifié, l’employeur doit régulariser les montants non versés et, le cas échéant, les cotisations correspondantes. Le salarié peut réclamer un rappel de salaire, les congés payés afférents et, selon les circonstances, des intérêts. L’écart peut aussi rejaillir sur les indemnités calculées à partir de la rémunération, notamment lors d’une rupture du contrat.

Pour le titulaire, l’enjeu dépasse la relation individuelle. Une régularisation concernant trois salariés avec plusieurs années de retard peut peser sur la trésorerie. Les données de paie doivent aussi être cohérentes avec la DSN. En cas de contrôle, les anomalies de rémunération ou de cotisations peuvent exiger des corrections administratives et financières.

Un audit interne annuel représente une approche efficace. Il peut comparer, pour chaque employé, la date d’entrée retenue, les périodes suspendues, le coefficient, le taux applicable, l’horaire contractuel, la grille conventionnelle et le montant porté sur chaque bulletin. Cette revue est particulièrement pertinente après une reprise d’officine, une réorganisation d’équipe ou la mise en place d’un nouveau logiciel.

Mettre en place un contrôle opérationnel durable

La sécurisation ne repose pas seulement sur le logiciel. Elle dépend de la qualité des informations saisies et des échanges entre le titulaire, le responsable administratif et le gestionnaire de paie. Chaque avenant doit être transmis avec sa date d’effet. Chaque absence longue doit être qualifiée. Chaque changement de coefficient doit déclencher une vérification de la rémunération conventionnelle et de la prime associée.

Un tableau de bord peut comporter les colonnes suivantes : nom du salarié, date d’ancienneté, prochain palier, coefficient, durée de travail, base conventionnelle, taux appliqué et date du dernier contrôle. Ce document réduit le risque d’oubli et facilite les échanges avec l’équipe. Il devient aussi un outil de dialogue sur la reconnaissance de l’expérience.

Une paie fiable ne se limite pas à respecter une formalité. Elle traduit concrètement la place accordée au parcours professionnel des salariés. La meilleure prévention consiste à vérifier les données avant que l’erreur ne devienne une dette salariale.

Questions fréquentes sur la prime d’ancienneté et le bulletin de salaire

La prime d’ancienneté est-elle obligatoire dans une pharmacie d’officine ?

Oui. Elle résulte de la convention collective nationale de la pharmacie d’officine IDCC 1996. Dès que l’employé atteint le seuil d’ancienneté requis, le titulaire doit appliquer le taux correspondant, sauf disposition plus favorable prévue dans le contrat de travail ou un accord collectif.

Sur quel montant calculer la prime d’ancienneté en pharmacie ?

Le calcul repose sur le salaire minimum conventionnel correspondant au coefficient du salarié, et non sur son salaire réel. Pour un temps partiel, cette base est proratisée selon la durée de travail contractuelle.

Quels sont les taux de la prime d’ancienneté ?

Les paliers conventionnels sont de 3 % après trois ans, 6 % après six ans, 9 % après neuf ans, 12 % après douze ans et 15 % après quinze ans. Au-delà de quinze ans, le taux reste fixé à 15 % selon le barème conventionnel.

La prime doit-elle apparaître séparément sur le bulletin de salaire ?

Oui. La prime d’ancienneté doit être identifiable sur une ligne distincte du bulletin de salaire. Cette présentation permet de contrôler la rémunération, les cotisations et les droits qui peuvent dépendre de cette somme.

Un changement de coefficient modifie-t-il la prime ?

Oui. Le taux d’ancienneté est conservé, mais la base de calcul doit être mise à jour avec le salaire minimum conventionnel du nouveau coefficient. Une promotion ou un changement de classification doit donc entraîner un contrôle immédiat de la paie.